- 390 millions d'années
Au dévonien, des sédiments se déposent au fond d’une mer tropicale. Ils constitueront bien plus tard les roches que l’on voit aujourd’hui au fond de la salle de la Verna.
Histoire géologique
La salle de la Verna est un témoignage de l’histoire géologique de la terre. Elle résulte d’une coïncidence extraordinaire au croisement de deux chaînes de montagnes : l’immense chaîne Hercynienne, qui traversait le monde il y a 350 millions d’années et les jeunes Pyrénées, qui ne datent que de 35 millions d’années. Cette histoire est racontée par les guides lors des visites, et détaillée dans le livre La Verna.
- 200 000 ans
Avant l'apparition de la salle, le niveau de base karstique se situe à peu près à la cote de la galerie Aranzadi. La rivière Saint-Vincent coule sur la surface de discordance, à la base des calcaires des canyons (fig.1).
Le niveau de base karstique s'abaissant, la rivière se perd d'abord un tout petit peu, puis un peu plus, enfin entièrement dans les fractures du calcaire paléozoïque. Capturée par le réseau d'Arphidia en plein développement, elle délaisse définitivement la galerie Aranzadi (fig.2).
A partir de là, la rivière Saint-Vincent va opérer comme un torrent de montagne se perdant dans un gouffre après avoir couru sur un lit de schiste : par érosion régressive. Cette opération consiste à grignoter inlassablement, lentement mais surement, les schistes en amont, tout en entrainant les débris vers le gouffre. Ainsi va se développer un entonnoir de plus en plus large et profond.
XIXe siècle
L'exploration des grottes, gouffres et canyons reste l'apanage de personnes relativement fortunées, guidées par l'esprit aventureux et scientiste de ce siècle. Le terme spéléologie apparait à cette époque. Édouard-Alfred Martel visite de nombreux gouffres en France et en Europe. Au début du XXe siècle il publie ses découvertes à la Pierre Saint-Martin.
1950 - 1956
L'ingénieur Fernand Ravier entreprend une étude scientifique et systématique des circulations hydrologiques du massif de la Pierre Saint-Martin.
1950
Découverte du puits d'accès qui porte le nom de son inventeur, Georges Lépineux.
1951
Descente du puits de 320 mètres, le plus profond connu à cette époque.
1952
Les spéléologues poursuivent l'exploration de la rivière jusqu'à la galerie du "Métro" située à -550 mètres. Marcel Loubens meurt au retour de cette exploration.
1953
La salle de La Verna est découverte après l'exploration de 3,5 km de galeries depuis le puits Lépineux. La rivière souterraine disparait au fond de la salle à 734 mètres de profondeur. C'est à l'époque le record du monde de profondeur atteinte en spéléologie.
1954
Le corps de Marcel Loubens est remonté à la surface.
1955 - 1960
Construction d'un tunnel par EDF pour capter la rivière à des fins de production hydroélectrique. Le réseau non soupçonné d'Arphidia est découvert au cours des travaux.
1962
Dans les années 60, Michel Cabidoche recense 21 espèces animales dans la Verna, les plus emblématiques étant les Aphaenops et les Hydraphaenops.
1965
L’exploration des puits faisant suite à la galerie Aranzadi permet d’atteindre la cote mythique des -1 000 m.
1966
Une équipe de jeunes spéléologues de la région découvre le Gouffre de la Tête Sauvage, qui jonctionne avec la rivière souterraine, portant le dénivelé du gouffre à 1 166 m, nouveau record du monde.
1967
EDF abandonne son projet d’usine hydroélectrique.
1971
Un premier projet d’aménagement touristique du gouffre de la Pierre Saint-Martin est présenté par Max Cosyns. Il ne verra jamais le jour.
2004
La Société Hydroélectrique du Midi (SHEM) relance un projet de captage de la rivière dans la salle de la Verna. L’usine hydroélectrique sera mise en service en 2007.
2007
Le projet d’aménagement touristique actuel est lancé par le SIVU La Verna, avec l’assistance du Comité Départemental de Spéléologie.
2010
Ouverture au public de la salle de la Verna.
2025
La Verna a accueilli plus de 200 000 visiteurs depuis son ouverture.